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Parler anglais au travail : les particularités françaises

Parler anglais au travail: les particularités françaises

Un grand nombre de français doivent parler anglais au travail, avec un niveau d’expression orale qui rend parfois la communication difficile. Les relations entre partenaires sont alors moins fluides, et peuvent freiner les échanges commerciaux.

Je me suis entretenue avec Carl Queen au sujet de son expérience. Pendant 15 ans, cet irlandais a réalisé de  nombreux voyages d’affaires en Europe en tant qu’ingénieur d’application sur site pour Bourns, une société américaine qui fabrique des composants électroniques. Nous avons abordé ensemble les spécificités de ses séjours en France.

Parler anglais au travail

Maryline Bourdel : Tout d’abord, pouvez-vous nous préciser le contexte de vos voyages d’affaires ? Où avez-vous voyagé, et avec quels types d’interlocuteurs avez-vous échangé ?

Carl Queen : Je travaillais en tant que fournisseur, pour de nouveaux produits que les entreprises concevaient. Je me rendais surtout en France, en Espagne, en Italie, et aussi en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Norvège et en Suède. Je rencontrais principalement des ingénieurs d’études, et parfois des responsables d’achats et des acheteurs.

Parler anglais au travail

M.B : Lorsque vous voyagiez en France, quel était le niveau d’anglais de vos partenaires ?

C.Q : La plupart des ingénieurs avaient un bon niveau d’anglais. En cas de difficulté, j’étais toujours accompagné par un responsable de compte local de Bourns, qui s’occupait de la traduction si nécessaire.

M.B : Lorsque la communication était compliquée, est-ce que cela pouvait gêner les relations commerciales ?

C.Q : Oui cela pouvait perturber les relations, dans le sens où cela rendait le processus plus lent. Il pouvait aussi parfois y avoir un peu de confusion, ce qui nécessitait des explications complémentaires. Lorsque cela arrivait, c’était principalement avec des responsables d’achats et des acheteurs, qui avaient un niveau d’anglais plus faible que les ingénieurs.

Parler anglais au travail

M.B : Qu’est-ce qui pouvait poser problème à ces responsables d’achats et ces acheteurs ?

C.Q : Par exemple ils pouvaient ne pas comprendre comment les composants étaient fabriqués, quels étaient les systèmes de qualité, ou des termes techniques. Bien sûr dans ces cas là, ce n’était pas une situation idéale, les relations jouant un rôle important – aussi important que le produit en lui-même. Heureusement que le responsable de compte était là pour traduire !

M.B : Est-ce que vous avez noté des différences dans la façon de s’exprimer entre les français et les personnes d’autres pays européens ?

C.Q : Je dirais que les français avaient le niveau le plus faible. A l’inverse, les néerlandais avaient un anglais parfait, et les suédois et les norvégiens parlaient anglais mieux que nous  – irlandais. Les allemands, les espagnols avaient aussi un très bon niveau.

M.B : Est-ce que vous avez une explication à cette différence de niveau entre les français et les personnes d’autres nationalités ?

C.Q : J’ai ma théorie personnelle, à savoir que les français sont sans doute les plus patriotiques de tous ces pays, et peuvent penser qu’ils n’ont pas besoin de parler anglais. C’est surtout le cas pour les personnes d’une certaine génération. C’est différent pour les plus jeunes, qui sont souvent plus ouverts et enclins à utiliser l’anglais.

Parler anglais au travail

M.B : Comment décririez-vous les relations que vous entreteniez avec vos contacts en France ?

C.Q : C’était plus facile avec les autres nationalités qu’avec mes contacts en France, où il était plus difficile de construire des relations.  Il n’y avait pas de conversations extra-professionnelles comme par exemple « Où êtes-vous parti en vacances ? », « Comment va votre femme ? » ou « Est-ce que vous aimez le ski ? », rien de tout ça. Cela restait toujours strictement professionnel, très formel, et ils ne montraient pas beaucoup de leur personnalité. C’est dommage, parce que cela rendait les relations moins faciles, moins fluides.

M.B : Quelles sont les qualités que vous appréciez le plus lors de vos voyages d’affaires ?

C.Q : J’appréciais lorsque mes contacts étaient prêts à me parler un peu d’eux-mêmes et de ce qu’ils aimaient, par exemple l’un d’entre eux jouait de la guitare, un autre était passionné de voile. J’aimais aussi qu’ils apprécient vraiment les informations que je leur fournissais, qu’ils montrent de la reconnaissance, de la gratitude. J’appréciais les personnes chaleureuses, avec qui la journée débutait autour d’un café et d’échanges informels, et qui m’appelaient par mon prénom plutôt que mon nom de famille. C’était souvent le cas en Italie où cela fait partie de la culture, et cela rendait le travail beaucoup plus agréable.  

Parler anglais au travail
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La Nouvelle-Zélande pour apprendre l’anglais

Formation anglais adultes Angers Mauges sur Loire

Partage d’expérience d’un séjour linguistique en anglais en Nouvelle-Zélande

Après avoir partagé mon expérience de séjour au pair en Irlande, je vous propose de découvrir une autre possibilité d’immersion, plus lointaine : la Nouvelle-Zélande. J’ai échangé avec Elodie Bernard Hillion, spécialiste de la formation professionnelle continue, qui y a séjourné 1 an.

  • Pourquoi êtes-vous partie en Nouvelle-Zélande ?

Après mon 1er job, j’ai voulu perfectionner mon anglais et découvrir un pays qui m’a toujours attirée. Je ne voulais pas la facilité de pouvoir rentrer à la première difficulté. J’y suis allée en 2007 avec un visa « working holidays ». Je suis partie avec mon sac à dos et un billet open, sans point d’arrivée.

©Janiere Fernandez

  • Qu’est-ce qui vous a marquée en arrivant ?

D’abord, les paysages. Sur une route de Nouvelle-Zélande vous pouvez avoir à gauche des champs et à droite les montagnes, c’est époustouflant. Vous avez aussi les fjörds, la mer. Tout à la fois dans un pays relativement petit, et des couleurs très automnales, toute l’année.

D’ailleurs toute l’année, il y a un climat tempéré comme en France mais avec les 4 saisons chaque jour ! Inutile de prévoir un pique-nique s’il fait beau le matin, ça ne durera pas, le contraire est valable aussi.

Ensuite, l’ouverture des gens. Toutes les cultures se côtoient, et tous les âges. Vous pouvez laisser votre voiture ouverte, personne n’ira la visiter. J’ai fait du stop, avec des jeunes de mon âge (25/28 ans), chose impensable en France. Aucun ne m’a demandé mon numéro de téléphone… étrange pour moi.

© Ketan Kumawat

  • Pouvez-vous décrire votre quotidien là-bas ? Que faisiez-vous la journée, le week-end ?

Je travaillais en tant que serveuse et je faisais de la traduction. Le week-end c’était sorties entre amis, week-end au ski. J’ai déménagé dans 3 villes au total pour découvrir toute l’île.

J’ai habité à Auckland – ville très animée en soirée, avec un port très fréquenté, Dunedin – la campagne, les usines Cadburry, les parcs où il fait bon lire, un environnement calme, et Queenstown – tout petit, paysage plus joli, beaucoup de jeunes et de soirées endiablées, mais moins d’opportunité de travail. J’ai préféré Queenstown. C’est typique, j’ai fait de la tyrolienne, c’est ici qu’a été tourné le Seigneur des Anneaux notamment. Partout sur l’île vous trouverez des « backpackers » où loger au pied levé à moindre coût. Par contre la nourriture et autres consommations restent assez chers.

  • Comment sont les néo-zélandais ? Quelle est la culture du pays ?

Ils sont jeunes, venant de toutes les parties du globe. J’ai aussi découvert la culture Maorie : des gens tatoués entièrement, visage inclus, qui travaillent dans des banques : impensable en France et encore moins il y a 10/12 ans…

Mais les Maoris sont un peu rejetés alors qu’ils sont les «  autochtones » et l’âme du pays. Les très rares personnes SDF sont d’ailleurs Maories malheureusement. Il y a de nombreux musées consacrés à cette culture.

Il ne faut pas oublier le kiwi (petit oiseau qui ne vole pas – espèce protégée), symbole du pays, d’ailleurs là-bas les néo zélandais sont surnommés les kiwis et la langue aussi. Et bien sûr le rugby, les néo-zélandais vivent rugby !

Autre fait plus triste : les casinos. Le jeu est le 1er fléau du pays. Certains diront que l’ennui pousse les gens à aller jouer, certes il y a beaucoup moins d’activités et de sorties qu’à Paris mais je pense que c’est tout simplement un mode de vie. J’ai rencontré des gens endettés qui continuaient à jouer, et d’autres qui avaient acheté maison et autre grâce au jeu. Jouer fait partie de la vie, comme acheter une baguette pour nous peut-être (j’ai d’ailleurs moi-même pas mal joué).

C’est un pays à découvrir, qui accepte très peu d’étrangers à moyen et long terme (10 ans en moyenne pour être seulement « résident ») et très écolo (ne ramassez pas un coquillage sur place, c’est interdit).

© Robert Kozak

  • Quel était votre niveau d’anglais en arrivant ? Avez-vous beaucoup appris là-bas ? Cette expérience a-t-elle eu un impact sur votre vie professionnelle ?

J’avais un niveau d’anglais opérationnel à mon arrivée. J’ai été en contact avec des gens du monde entier, j’étais en colocation avec un brésilien, et j’ai plutôt appris l’anglais du quotidien et de la débrouillardise ! Niveau professionnel ça ne m’a forcément aidée, mais ça m’a appris à m’adapter à toutes les situations.

  • Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui veut apprendre l’anglais en Nouvelle-Zélande ?

Apprendre à faire confiance. C’est un pays très ouvert, très sûr en terme de sécurité. Après, l’accent kiwi est très difficile à appréhender *, mais il est facile de trouver du travail.

  • Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui ne peut pas apprendre l’anglais dans un pays anglophone, pour des raisons de budget, familiales ou liées au COVID ?

Partir n’est vraiment pas le plus cher quand on y va pour travailler, donc il n’y a pas vraiment d’excuse de budget. Pour d’autres raisons il faut peut-être envisager des sites de rencontres comme les afterwork anglophones par exemple. Ce sont les rencontres le soir entre anglophones et francophones pour pratiquer la langue. Il y a aussi les applications pour discuter seulement avec des étrangers dans la langue de votre choix, type mosalingua…

* Vidéo de Shannon Torrens : challenge entre l’accent américain et l’accent néo-zélandais https://www.youtube.com/watch?v=o-kjF4GHQnI

Si vous envisagez de partir en Nouvelle-Zélande pour travailler pendant quelques mois ou pour vous installer, vous aurez besoin d’un visa de travail ou de résident.

Il est parfaitement légal de postuler à un emploi avant d’obtenir un visa. Les employeurs comprennent généralement la situation et vous aideront pour votre demande de visa. Vous ne serez cependant pas en mesure de commencer à travailler avant que votre visa ne soit approuvé.

Ce site contient des informations pratiques pour vous aider à trouver un emploi en Nouvelle-Zélande, même si vous n’êtes pas encore dans le pays.

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Apprendre l’anglais en Irlande ? Why not !

Une solution pour apprendre l’anglais :

Une immersion de plusieurs mois en Irlande permet d’acquérir la langue plus facilement, grâce à un environnement 100% en anglais et de nombreux échanges avec des anglophones. Beaucoup de séjours linguistiques se déroulent en Angleterre. Mais l’Irlande est un pays où l’on peut également se plonger dans la langue. C’est ce que j’ai fait il y a maintenant quelques années, et cela reste une expérience inoubliable.

©Maryline Bourdel

Mon expérience de fille au pair en Irlande

A 20 ans, je suis partie en Irlande comme fille au pair pour apprendre l’anglais. J’ai eu la chance d’arriver dans une famille merveilleuse, qui m’a « adoptée » comme un membre de la famille pendant 9 mois à Passage West, près de Cork. Un des jours les plus marquants de ce séjour en ce qui concerne l’apprentissage de l’anglais a été lorsqu’un matin – environ un mois après mon arrivée – je me suis réveillée et j’ai dit à Helen : « J’ai rêvé en anglais !! ». J’ai su à ce moment-là que j’étais sur la bonne voie et que mes efforts payaient. Je savais aussi très bien que la route serait encore longue avant d’être tout à fait à l’aise avec la langue.

Pour obtenir une preuve de ces progrès, j’ai voulu passer l’examen Cambridge English First (désormais B2 First), et je me suis inscrite à des cours d’anglais à l’Université de Cork. Cela m’a permis de rencontrer d’autres jeunes européens qui comme moi étaient en Irlande pour améliorer leur anglais : des espagnols, des allemands, des italiens. J’ai pu observer un décalage dans nos rythmes d’apprentissages. Je progressais plus rapidement, et j’ai trouvé une explication possible à cela : ils vivaient « entre eux », en colocation entre espagnols, allemands ou italiens. Ils parlaient leur langue maternelle au quotidien et n’étaient pas comme moi vraiment « immergés » dans l’anglais. J’ai pu observer une situation similaire lorsque j’ai rencontré une autre fille au pair estonienne. Elle échangeait très peu avec sa famille d’accueil, n’avait pas d’autres activités en dehors, et était donc peu en contact avec la langue. Elle a progressé pendant son séjour, mais sans doute beaucoup moins que si elle avait utilisé l’anglais de façon plus intensive.

L’utilisation intensive de la langue est un élément clé pour progresser. J’ai pu le vérifier lors de ce séjour au pair en Irlande, pendant lequel je travaillais le weekend dans un pub du village voisin – le Monkstown Inn, aujourd’hui fermé, snif. Une expérience inoubliable, bercée de musique traditionnelle irlandaise et de personnages hauts en couleurs, avec pour certains un très très fort accent. Un environnement 100% en anglais qui m’a permis d’acquérir la langue naturellement en quelques mois.

©Maryline Bourdel

L’accent : pas un frein mais une composante de la langue

L’accent n’est qu’un élément parmi d’autres lorsqu’on apprend l’anglais. Vivant à Passage West, j’ai intégré l’accent local naturellement. Pas évident au début, comme lorsque qu’en croisant quelqu’un lors de ma première balade le long de la rivière Lee j’ai entendu un « Hi, ha’ya » – que j’ai pu retranscrire comme un « Hi, how are you ? ». Oui, les irlandais sont des gens formidables, et très polis !

Apprendre l’anglais en Irlande est formidable également, une fois que l’on a intégré les différents accents. En effet, on ne parle pas de la même façon à Cork qu’à Dublin ou à Galway *.

Aussi, après 1 mois à Passage West, j’avais plutôt bien intégré l’accent de Cork – même celui de Jack le pêcheur, et j’étais heureuse de pourvoir communiquer spontanément sur des sujets du quotidien. Un jour, la famille a accueilli le frère d’Helen, qui vivait à Dublin. Et là, aïe aïe aïe ! Malgré de gros efforts et une écoute très attentive je ne comprenais presque rien, et la confiance en moi que je venais de gagner en a pris un coup ! Helen m’a aidée à relativiser, en me redisant que l’accent n’est qu’une question d’habitude, et que si je côtoyais son frère plus souvent, l’accent de Dublin ne me poserait plus de problème.

Cela s’est vérifié quelques années plus tard avec l’accent américain. Je ne suis jamais allée aux Etats-Unis, mais je regarde des séries américaines en version originale. Si j’avais du mal à comprendre au début, j’ai maintenant intégré l’accent américain. Ce n’est pas le cas de l’accent anglais de Birmingham, et j’ai dû avoir recours aux sous-titres à plusieurs reprises lorsque j’ai regardé la série The Peaky Blinders !

©Maryline Bourdel

Avant de partir : revoir les bases

Si vous envisagez de partir en séjour linguistique ou comme fille au pair en Irlande – ou dans un autre pays anglophone, vous avez peut-être besoin de revoir quelques bases. Vous pensez peut-être « Pourquoi travailler mon anglais avant de partir, alors que je pourrai apprendre sur place ? ». Tout dépend de votre niveau actuel, mais vous vous sentirez sans doute beaucoup plus à l’aise si vous pouvez comprendre un minimum lorsque quelqu’un s’adresse à vous, et si vous êtes en mesure de répondre, même simplement.

Mon niveau d’anglais était déjà correct lorsque je suis partie en Irlande, et cela m’a sans doute aidée à apprendre plus vite, et mieux. Je savais comment structurer les phrases, je pouvais avoir des conversations simples. Ce séjour m’a permis d’aller plus loin et de tenir des conversations plus structurées et approfondies avec différentes personnes, évoluant dans différents milieux.

Prendre le temps de revoir les bases et d’acquérir des compétences de compréhension et d’expression vous fera gagner du temps lors de votre séjour. Un temps précieux que vous pourrez apprécier d’autant plus si vous êtes à l’aise et si vous pouvez comprendre ET vous faire comprendre dès votre arrivée. Vous gagnerez en confiance et tirerez de gros bénéfices de votre séjour – un moment unique dans votre vie. Autant partir avec les bagages nécessaires pour pouvoir ramener des souvenirs inoubliables !

Partir en Irlande est une solution idéale pour apprendre l’anglais. C’est une expérience exceptionnelle, surtout lorsqu’on a 20 ans. C’est plus compliqué de l’envisager quand on vit en couple ou lorsqu’on a une famille. Mais d’autres solutions existent. Si vous souhaitez vous immerger dans la langue sans partir de chez vous, je vous invite à consulter ma page formations en anglais.

* Voici une courte vidéo pour mieux vous rendre compte des différents accents irlandais